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Les personnes trans comptent sur nous !

S'il n'en tient qu'aux délégués du dernier congrès conservateur, un futur gouvernement de leur parti interdirait les interventions médicales pour les mineurs qui désirent une transition de genre. Puis le même gouvernement empêcherait les transgenres nées hommes à fréquenter les toilettes pour femmes.


Ce ciblage politique des personnes trans s'ajoute à d'autres tracasseries qui sont survenues ces derniers mois. Le Nouveau-Brunswick, par exemple, a interdit aux enseignants d'utiliser le pronom préféré de leurs élèves sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de leurs parents.


Je ne veux pas m'en prendre outre-mesure aux partis politiques ou aux gouvernements qui prennent ces positions car ils relaient l'opinion d'un segment de leur électorat qui considère la communauté trans comme une menace contre les valeurs traditionnelles, contre les enfants ou même contre les femmes.


Mais je voudrais démontrer qu'au-delà de ces croyances, les personnes trans constituent un groupe vulnérable qui a besoin de nous pour parvenir à une véritable inclusion dans la société.


Regardons d'abord les chiffres. Le Canada est le seul pays au monde qui mesure sa population trans et on a commencé à le faire seulement à partir du dernier recensement, en 2021. Or selon ces données, la population transgenre de 15 ans et plus est de 59 460 personnes. Ça représente 0,19 % de la population canadienne de plus de 15 ans. Autrement dit, moins d'un cinquième de pour cent. Quand on parle des personnes trans, on parle donc d'une très petite minorité.


Voyons maintenant dans quelles conditions vit cette minorité. La condition mentale des ados trans est particulièrement troublante. Une étude publiée l'an dernier dans le Journal de l'Association médicale canadienne révélait que les 15-17 ans transgenres ont 5 fois plus de pensées suicidaires que les ados cisgenres. Et faut-il le rappeler, le suicide est la deuxième cause de décès dans ce groupe d'âge.


Se considérer comme une personne trans n'est pourtant pas une vue de l'esprit: c'est une identité réelle qui se manifeste souvent dans l'enfance. La Société canadienne de pédiatrie reconnaît cette réalité et elle a publié cet été un document de principes qui invite ses membres à «fournir des soins d’affirmation solidaires, inclusifs et exempts de jugement aux jeunes de toutes les identités de genre au sein du système de santé.»


Or la population transgenre, tous âges confondus, a de la difficulté à se faire soigner.


Il n'y a pas d'étude québécoise mais une recherche ontarienne a montré que 21 % des personnes trans évitaient les urgences d'hôpitaux par crainte d'y être maltraitées. Et parmi celles qui s'y étaient présentées, 52 % rapportaient avoir eu une mauvaise expérience, allant des excès de langage au refus de les prendre en charge.


Cette situation perdure même si la discrimination fondée sur l'identité et l'expression de genre est interdite par les lois, dont le Code des droits de la personne de l'Ontario, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et la Loi canadienne sur les droits de la personne.


Le marché du travail n'apparaît pas plus accueillant. On n'a pas de données précises pour le Canada mais il est permis de croire que notre situation ressemble à celles des États-Unis et du Royaume-Uni, où les personnes trans ont un taux de chômage 2 à 7 fois plus élevé que le reste de la population, même si leur niveau académique est supérieur à la moyenne.


Malheureusement, il nous manque ici un outil juridique car la Loi sur l'accès à l'égalité en emploi, au Québec, et la Loi sur l'équité en matière d'emploi, au Canada, n'incluent pas les personnes trans dans les groupes qui méritent des mesures pour parvenir à l'égalité. Ces mesures sont réservées aux femmes, aux Autochtones, aux personnes handicapées, aux gens de minorités visibles et, dans la loi québécoise, aux personnes dont la langue maternelle n'est pas le français ni l'anglais.


En attendant des lois élargies, la communauté trans a besoin de notre soutien pour vaincre les barrières qui se dressent devant elle. Appuyons-nous sur les faits et employons-nous, à l'intérieur de nos organisations, à adopter des comportements et des politiques pour soutenir le parcours de nos collègues trans, y compris ceux qui sont encore sur le chemin de la transition.











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